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ARCHI-SWEAT. Des sweaters avec ou sans manches, assemblés par trois ou six coutures. Des coutures qui  parcourent le corps comme les vagues des kimonos des estampes japonaises. A la manière de Cristobal Balenciaga, les volumes sont basculés vers l’arrière. Surdimensionnés, ces sweaters ont une énergie propre qui tient aussi à leurs matières : molleton, jersey, popeline et/ou mousseline de soie. Réversibles, unisexes, et pouvant être portés de quatre manières différentes. Ils font la synthèse entre deux univers qui traditionnellement s’opposent : celui de la sophistication urbaine et celui des skateurs, rappeurs et taggueurs que le couturier côtoie au quotidien autour de sa boutique atelier, dans le 3ème arrondissement de Paris. Celle ci se retrouve régulièrement maculée de graffitis. Mais Gustavo a trouvé la parade : il dialogue avec eux en taguant lui-même sa devanture ! Et c’est aussi de là qu’est née l’idée d’ARCHI-SWEAT. Syncrétisme culturel qui caractérise notre époque.

Gustavo est Brésilien. Fils de chirurgien, passionné d’anatomie et doué pour le dessin.

Il fait donc des études d’ingénieur avant de bifurquer vers l’architecture.

Une fois diplômé, il ne bâtira pas des immeubles, mais des vêtements !

Il interroge le lien invisible entre architecture et mode. Ce qui unit le monde rationnel de la géométrie à celui plus organique du corps humain.

Formé à la couture par une ancienne  première d’atelier  de chez  Cristobal Balenciaga , il sera tour à tour modéliste, patronnier, coupeur, première-main qualifiée, prototypiste et chef d’atelier.

Portrait par Jean-Baptiste Mondino

En 2006 il deviendra membre permanent du calendrier de la haute couture avec l’appellation  « grand couturier ».

Il poursuit ainsi son exploration des points de contact entre l’architecture et le corps humain. Comme en témoigne par exemple, sa construction d’un fourreau au moyen de trois coutures, celles des épaules et milieu du devant .

Le Japon est  également un axe majeur de son travail. Les estampes japonaises lui apportent encore d’autres indices. Là, les pans des toitures sont dessinés de manière régulière, orthogonale, tandis que les lignes qui figurent la végétation ondoient et s’entremêlent. La géométrie euclidienne, rationnelle cohabite en toute harmonie avec la fluidité, avec le mouvement qui est aussi celui du corps humain. Mais du Japon, Gustavo Lins retient surtout la construction du kimono : des bandes horizontales qui s’assemblent en spirale et qui vrillent ensuite autour du corps.  C’est cette étonnante construction qui lui permet aujourd’hui d’écrire une nouvelle histoire : ARCHI-SWEAT.

Gustavo Lins collabore également au projet « petit h »  de la maison Hermès, puisqu’il a intégré l’équipe des artistes et designers participants, depuis la création du projet.

Sac découpe Hermès "petit h" - Photo : Eugenia Sierko-Rouchon© Hermès 2018
Sac housse de voyage Hermès "petit h" - Photo : Eugenia Sierko-Rouchon© Hermès 2018

Il conçoit et sculpte des bustes drapés à la manière de ses kimonos pour la manufacture de porcelaine Nymphenburg de Munich. Il réalise enfin — en association avec Sèvres Maison de la Céramique — une sculpture éclairée comme une lanterne : « Un habit de lumière », vendu au PAD – Londres en octobre 2014.

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